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Aspects concrets de la vie monétaire en Province

Автор Jean-Michel Carrié
опубликовано в Revue Numismatique, 2003: 159e volume (2003)
Страницы 175-203 (29 страницы)
Язык Французский
Скачать https://www.persee.fr/doc/numi_0484-8942_2003_num_6_159_2510
Номер
N#
L115936
 

Аннотация

On propose ici quelques scènes de la vie (monétaire) de province au IVe siècle, à partir, surtout, du témoignage papyrologique. Sont successivement abordés les divers secteurs de la vie économique et financière où le degré de monétarisation a été réévalué par les recherches de ces dernières années : l'économie agraire, les témoignages d'utilisation de la monnaie en milieu rural ; la rémunération des militaires, avec les donativa en métaux précieux, responsables de la possession croissante de solidi par des militaires à partir des années 350 ; le prélèvement fiscal, avec l'affirmation progressive de l'impôt en or à partir des années 330 et surtout 360 ; l'activité artisanale et commerciale, avec l'exemple d'une lettre d'affaires (P. Oxy. XXXIV, 2729), qui n'indique aucun souci de limiter les mouvements d'argent liquide, malgré le poids et l'encombrement de la monnaie divisionnaire ; les salaires privés, qui continuaient à être versés sous forme monétaire pour répondre aux besoin de liquidités des travailleurs. La monnaie demeure l'instrument de fixation de la valeur d'échange et la place tenue par les prix dans les préoccupations de cette société suffirait à prouver l'importance du numéraire dans l'économie antique tardive. On étudie, en outre, l'utilisation et la signification du «  faux-monnayage  » officiel, la terminologie anachroniquement conservatrice des monnaies réelles (argyria et solidi, follis et num- mus) comme des monnaies de compte (talents, myriades), ainsi que les modalités des transports de fonds publics et privés. D'une façon générale, cette économie largement monétarisée limitait chaque fois que possible les transferts réels de monnaie en recourant à des jeux d'écriture, qu'il faut donc cesser d'invoquer comme preuves d'une économie faiblement monétarisée. Au total, la dépréciation continue de la monnaie n'a nullement entraîné une raréfaction des espèces, au contraire. Elle a par contre abaissé de moitié le seuil des transactions pouvant faire l'objet d'un règlement unitaire en monnaie. L'emploi de la monnaie était à ce point indispensable qu'il a surmonté tous les obstacles, tous les inconvénients suscités par l'inflation nominale. Dans l'historiographie contemporaine, la page du primitivisme analysant en termes minimalistes les données numismatiques quantitatives et surévaluant les formes non monétaires d'échange paraît donc devoir être définitivement tournée.

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