pourquoi une monnaie indochinoise fut frappée au Japon ?

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Bonjour

Pourquoi cette monnaie d'Indochine fut-elle frappée au Japon ?

Et y en a t-il eu d'autres ?

Merci

 

N#10055

"Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir" (Aimé Césaire)

bonjour

 

de mémoire, période d'occupation japonaise durant la WW2 …

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

Salut. 

Je vois mal les japonais édite des monnaies ‘’ état francais'', surtout pour les ennemies  occidentaux de la guerre, en plus en 1942

C' est étonnant. 

De même, les première presses modernes japonaises étaient anglaises, rapport qui a du perdurer tout au moins dans les relations. 

Si vous avez plus d'infos… 

Bonjour

On peut imaginer que le gouvernement de Vichy avait des difficultés à envoyer des monnaies jusqu'en Indochine (risque d'être saisies par les Britanniques ou les Américains ou le bateau coulé).

 

Autre possibilité : Les Japonais avaient des troupes qui étaient stationnées en Indochine depuis 1940 et la pièce a été frappée pour eux ? 

 

Nota :  l'Indochine n'avait pas ralliée les Forces Françaises Libres et donc était l'alliée des Japonais.

"Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir" (Aimé Césaire)

Salut. 

La monnaie date de 1942

 

‘’De son côté, la France libre a déclaré la guerre au Japon dès le lendemain du coup de Pearl Harbor, le 9 décembre 1941''

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Accords_Darlan-Kato#:~:text=Les%20accords%20Darlan%2DKato%2C%20n%C3%A9goci%C3%A9s,sur%20tout%20le%20territoire%20indochinois.

La réponse 

https://blog.cgb.fr/indochine-la-1-cent-1941-a-heure-hanoi,7275.html#:~:text=Enfin%2C%20des%20monnaies%20d'un,'atelier%20japonais%20d'Osaka.&text=Le%20lot%20de%20monnaies%20de,%C3%A0%20l'%C3%A9poque%20en%20Indochine.

Dès 1941 des monnaies sont frappes  à Osaka et Hanoi face à la pénurie de metaux… jusqu'en 1943

Je pense, Forcément une commande, mais accepte après la déclaration officielle de la guerre ? 

Les français ne contrôlaient ni le Japon, ni Osaka…???? 

Bonjour

Merci pour ces renseignements forts intéressants. Mais pourquoi avoir fait appel aux Japonais puisqu'il existait un atelier monétaire à Hanoï ? Cet atelier n'était pas assez important pour répondre aux besoins ? N'avait il pas assez de métal ? 

"Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir" (Aimé Césaire)

Salut. 

Les. Metaux traités dans ces ateliers différents sont tous différents. 

Au pif je dirais que C lié. 

Et pourquoi une faciale aussi faible ? La quotité ¼ de cent n'existait pas avant guerre.

Avant 1939, la piastre indochinoise valait 10 francs français.  Donc ¼ cent valait 2.5 centimes. Les dernières 1 et 2 centimes Dupuis furent frappées en 1920 et démonétisees le 24 novembre 1940.

Cette pièce était elle utile ?

On remarquera qu'elle est légendée “état français”,  alors que les 10 et 20 cents frappés à SF restent fidèle à la République abolie par le vote du 10 juillet 1940.

Volonté des Japonais de marquer leur soutien au nouveau régime ?

Cette question est fascinante, peut être plus de réponse dans le livre de cgb, voir lien. 

Quelqu'un ? 

Matlo2

Dès 1941 des monnaies sont frappes  à Osaka et Hanoi face à la pénurie de metaux… jusqu'en 1943

Je pense, Forcément une commande, mais accepte après la déclaration officielle de la guerre ? 

Les français ne contrôlaient ni le Japon, ni Osaka…???? 

Bonjour,

la France de Vichy était alliée de fait à l'axe, donc au Japon.

Bon, c'est un peu plus compliqué que ça, voir là, notamment chapitre “Reconnaissance par le Japon de la souveraineté française”

Bonjour

Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'Indochine, placée sous l'autorité de Vichy, émet des pièces de ¼ de centième en zinc, de 1 et 5 cents en aluminium, tandis que les forces de l'Empire japonais prennent place sur ce territoire. Le taux de change est fixé à 0,976 piastres pour 1 yen d'argent, permettant à l'occupant d'enregistrer une prime.

Dès 1945, la pièce de 1 piastre au type Turin au nom de la « Fédération indochinoise » devient une simple rondelle de cupronickel sans réelle valeur. Des pièces divisionnaires en aluminium sont également frappées, pour des valeurs de 5, 10 et 20 cents, et la pièce de 50 cents type 1885 devient en cupronickel. Toutes ces pièces ne seront plus frappées après 1947. La Banque de l'Indochine commande à Thomas De La Rue et à l'American Banknote & Co., une nouvelle série de billets pour des valeurs de 1, 10, 50 et 100 piastres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Piastre_indochinoise

 

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

Profitant de l'affaiblissement de la France après sa défaite de juin 1940, le Japon obtient du gouvernement français de Vichy l'autorisation d'installer des troupes en Indochine (septembre 1940). Le gouvernement des États-Unis s'inquiète de cette progression du Japon en Asie du Sud-Est ; il interdit les exportations de pétrole vers le Japon. 

 

https://fr.vikidia.org/wiki/Japon_dans_la_Seconde_Guerre_mondiale#:~:text=Profitant%20de%20l'affaiblissement%20de,en%20Indochine%20(septembre%201940).

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

Pendant la période 1940-45, l’Indochine connait une situation exceptionnelle à au moins deux titres. Sur le théâtre asiatique de la Seconde Guerre mondiale tout d’abord, l’Indochine est la seule possession européenne où le Japon (allié à Vichy) laisse en place le système colonial. Les accords Matsuoka-Henry du 30 août 1940 autorisent le stationnement de troupes japonaises auxquelles diverses facilités sont accordées. La souveraineté française n’est cependant pas remise en cause, et ce compromis satisfait les deux parties. Il se voit critiqué par certains milieux politiques japonais, en particulier au sein du ministère des affaires étrangères, mais l’armée de terre fait prévaloir son point de vue selon lequel le Japon a plus à gagner qu’à perdre : le Japon bénéficie d’un accès à des matières premières cruciales (le riz, le caoutchouc et le charbon) sans avoir à prendre en charge lui-même l’administration du territoire. Le gouvernement général adopte lui aussi une attitude réaliste. Coupé de la métropole, il est conscient d’être dépourvu de forces militaires suffisantes pour s’opposer à une attaque du Japon. L’impuissance des autorités françaises dans la cohabitation qui se met en place ne doit pourtant pas être exagérée car les autorités françaises conservent une certaine marge de manœuvre, et parviennent par exemple à faire échec aux tentatives répétées du Japon de s’assurer le contrôle d’un journal quotidien indochinois pour diffuser ses idées.

L’Indochine fait également exception dans le cadre de l’empire colonial français en ne se ralliant pas à De Gaulle. Le personnel vichyste (en particulier le gouverneur général Decoux) reste même aux commandes assez longtemps après la chute du gouvernement de Vichy en France (août 1944). Pour l’analyse de la politique de Vichy vis-à-vis de l’empire colonial français, l’Indochine fait donc figure de terrain d’observation privilégié.

La rivalité franco-japonaise en Indochine

Dans ce contexte si particulier d’une cohabitation forcée, un affrontement à fleuret moucheté se produit sur le terrain des politiques culturelles menées par les Français et les Japonais en direction des autochtones. Chacune exalte évidemment sa langue et sa culture. Mais toutes deux tendent également à accorder une place et une reconnaissance de plus en plus importante à la culture vietnamienne. Ce n’est par exemple pas un hasard si le grand poème du début du dix-neuvième siècle, Kim Van Kieu, est traduit en français et en japonais presque au même moment.

La propagande vichyste s’efforce de faire vibrer une corde traditionaliste. Elle joue la carte de la supposée adéquation entre les valeurs de la Révolution nationale et celles du vieux fonds culturel local. Ainsi, met-on en parallèle des paroles prononcées par Pétain avec des sentences vietnamiennes traditionnelles. On associe à la célébration de Jeanne d’Arc celle des sœurs Trung, héroïnes de la lutte contre la Chine (vers 40 après J.-C.). Le renouveau de l’étude des caractères chinois, socle du prestige de la caste des élites lettrées est encouragé tandis qu’un terme est mis au système des conseils administratifs communaux élus (toc bieu), mis en place dans les années 1920. Certaines initiatives méritent que l’on s’y attarde comme le tour de l’Indochine cycliste qui a lieu en janvier 1942, 1943 et 1944, qui voit s’affronter des équipes des cinq ky (Cochinchine, Annam, Tonkin, Laos, Cambodge) ainsi que des coureurs français. Ce tour cycliste représente alors une très habile promotion de la fédération indochinoise (cadre politique qui est mis en avant à titre d’antidote au nationalisme vietnamien). Cette initiative reflète aussi la préoccupation très vive pour un développement des activités physiques, qui se traduit par un effort dans le domaine des infrastructures (stades, piscines).

Quant à lui, le Japon propage l’idéologie de la sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, soulignant à l’envi les affinités culturelles entre la culture japonaise et celle des populations de l’Indochine. Sa propagande a toutefois pour originalité d’être dirigée également en partie vers les 36.000 résidents français, ce qui s’explique par le fait que nombre de remarquables francophones (et francophiles) sont envoyés en Indochine par le gouvernement japonais afin d’y exercer des responsabilités.

De la rivalité culturelle à l’attaque des postes militaires français

Si elles s’installent dans un modus vivendi qui consiste à éviter les critiques dirigées directement contre la présence de l’autre, les autorités françaises et japonaises en viennent à stigmatiser l’autre cohabitant de façon détournée, sous couvert d’accabler les Anglais et les Américains. Ainsi, les Japonais dépeignent ces derniers comme des impérialistes dépositaires d’une civilisation occidentale dégénérée, qui fait fleurir l’égoïsme et le matérialisme (tant d’accusations qui peuvent fort bien s’appliquer à la France). Les propagandistes français, eux, décrivent volontiers une Indochine qui, privée des bienfaits de la souveraineté française, serait aussitôt victime des appétits anglo-américains (alors qu’il est bien évident, si l’on adopte ce point de vue, que la principale menace pour la « liberté » de l’Indochine est le Japon).

L’un des points forts du livre de Namba est qu’il analyse de façon très précise le rôle et l’influence de la radio, trop souvent sous-évalués par les historiens parce qu’elle ne laisse pas ou peu de traces écrites. Si le nombre de récepteurs est limité (50.000 pour toute l’Indochine), elle montre que l’écoute collective, la mise en place de radiobus qui sillonnent les bourgs aux jours de marché démultiplient son audience. En utilisant, en particulier, les retranscriptions du renseignement américain des émissions des Japonais, elle lui redonne toute l’importance qu’elle avait dans la propagande de l’époque. Namba contribue ainsi à la réévaluation de l’influence de ce média durant la Seconde Guerre mondiale, rejoignant des études comme celles de Céline Rase pour le cas de la Belgique occupée.

Quelle a été l’attitude des populations locales confrontées à cette « rivalité culturelle » ? L’éventail s’avère très large, ce qui n’a rien pour surprendre. Mais on peut affirmer que c’est l’attentisme qui domine : devant un horizon politique particulièrement incertain, il est logique de ne pas se compromettre. Néanmoins certaines composantes de la société, comme les membres de la secte Cao Dai, en butte à l’hostilité des autorités françaises, soutiennent activement les Japonais. Les indépendantistes se montrent plus réservés, car ils sont déçus par l’attitude conciliatrice du Japon vis-à-vis des autorités coloniales, déception encore avivée en 1943 lorsque certaines colonies européennes occupées par les troupes japonaises sont autorisées à déclarer leur indépendance.

Cette période de cohabitation de presque cinq ans prend fin avec le coup de force perpétré par les troupes japonaises le 9 mars 1945. Environ 2.000 Français sont tués, et seule une petite partie parvient à gagner la Chine. Le reste des Français sont emprisonnés ou, dans le cas des civils, assignés à résidence. Le Vietnam déclare son indépendance le 11 mars. La propagande japonaise opère dès lors un renversement complet, et n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser la colonisation française.

Ce beau livre contribue à éclairer une période cruciale de l’histoire de l’Indochine. Il aborde un sujet qui n’avait été, en dépit de ses importantes implications, que peu traité. Cet état de fait s’explique par l’obligation de faire usage d’un vaste éventail de sources éparpillées et écrites dans des langues différentes. Namba, en dépouillant des fonds d’archives en France, au Vietnam, au Japon et aux États-Unis (ainsi que des périodiques rédigés en français, japonais et vietnamien) a donc comblé une importante lacune. Ajoutons pour finir que, si l’édition est de bonne qualité, il y manque un index, et qu’on peut regretter de ne pas trouver d’illustrations qui donneraient à voir certaines des productions de la propagande française et japonaise.

 

https://laviedesidees.fr/Vichy-le-Japon-et-l-Indochine

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

Et pendant la même période, voici ce qui circulait au Japon…

N#5436

Elle paraît mieux travaille que l'Indochinoise.

 

Merci à tous passionnant. 

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